La « fusée électrique », inventée par l’ingénieur Jean-Jacques Heilmann, est la première locomotive électrique créée en France. Elle fut mise en route le 9 mai 1894 sur un trajet allant de la gare Saint-Lazare à la gare de Mantes.

Le 9 mai 1894 à neuf heures, deux cents invités prennent place dans les huit wagons de première classe de la Fusée. À 9 h 50 exactement, le train stoppe devant le buffet de Mantes-Embranchement, soit 57 kilomètres plus loin. À la descente de Limay, le train électrique brûle la voie à raison de 105 km/h, la vitesse moyenne étant alors de 80 km/h. Les ingénieurs évoquent une vitesse commerciale de 90 km/h, c’est-à -dire une vitesse normale jamais obtenue jusqu’ici sur aucune voie ferrée.
Le retour est triomphal, la Fusée roulant entre deux haies de curieux et de spectateurs, qui du haut des ponts, des fenêtres, des quais de gares saluent le nom d’Heilmann et applaudissent l’exploit technique.
L’ingénieur Jean-Jacques Heilmann fut directeur des Ateliers de construction de Mulhouse, où il créa un type de machine à vapeur à tiroirs qui fut considéré comme une merveille (devançant lestypes Corlis), un nouveau système de freins sur les locomotives, un métier à tisser circulaire et un système d’humidification des salles des filatures. Heilmann est le premier en France à s’intéresser aux applications de l’électricité. Après le succès de la Fusée, Heilmann crée au Havre la Société industrielle des moteurs électriques et à vapeur avec trois cents ouvriers. Il vend également ses brevets dans tous les pays et invente jusqu’à la fin de sa vie : accumulateurs d’un type nouveau, avant-train pour véhicules routiers, moteur à pétrole à six cylindres, turbine à explosion pouvant utiliser n’importe quel carburant (essence, pétrole, mazout, alcool, etc.). Ces inventions sont aujourd’hui inscrites dans la vie quotidienne de tous dans le monde entier.
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